Faut-il être beau pour réussir ?

Faut-il être beau pour réussir ?

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Faut-il être beau pour réussir ?

C’est bien connu, on ne prête qu’aux riches. Mais est-il vrai qu’on ne donne leur chance qu’aux gens beaux ?

L’effet de halo

Vous devez recruter un assistant Office Manager en alternance. Deux CV sont posés sur la table. Les deux candidats ont les mêmes compétences, le même parcours et le même âge. Le premier a un strabisme et un appareil dentaire ; le second ressemble à Di Caprio (époque Titanic). Lequel choisissez-vous ?

C’est dès 1920 que le psychologue Edward Thorndike a pu mettre en évidence un biais cognitif qu’il nomme : l’effet de halo. Ce biais désigne une tendance naturelle à généraliser à partir d’une seule caractéristique observée chez une personne ; notamment, son apparence physique. En d’autres termes, on attribuerait tout un faisceau de qualités ou de défauts à quelqu’un sur la seule base de son physique. A une plastique jugée avantageuse on associerait une série de caractéristiques positives : intelligence, sympathie, compétence, etc. A l’inverse, un physique disgracieux sera plus spontanément associé à des caractéristiques négatives : paresse, ignorance, etc. C’est donc uniquement en vertu de l’effet de halo que vous allez choisir de recruter Di Caprio, candidat beaucoup plus qualifié pour le poste. Ben voyons.

Implications professionnelles

L’effet de halo a des implications diverses, dans la vie sociale, affective, quotidienne… Et il affecte toutes les sphères de la société. Par exemple, tous les présidents des Etats Unis au 20e siècle mesurent en moyenne 1m83 (contre une taille moyenne d’1m75). La stature étant associée à l’idée de pouvoir, les électeurs ont opéré une forme de sélection naturelle en votant pour des candidats incarnant physiquement l’idée qu’il se faisaient du pouvoir.

Même si vous ne briguez pas la Maison Blanche,  l’effet de halo se vérifie au quotidien dans le monde du travail. Une étude menée en 2004, intitulée « The effet of physical height on workplace success and income” a ainsi démontré que les grands étaient mieux payés que les petits, avec une différence de 300 dollars par centimètre …

Plus que l’origine ethnique, religieuse ou sociale, le physique constituerait le premier critère de discrimination à l’embauche, comme le montre la méthode de testing mise au point par le professeur Jean-François Amadieu, auteur de La société du paraître. Celui-ci a choisi d’envoyer des CV identiques avec des photos de candidats au physique passe-partout, et des photos modifiées par ordinateur et présentant les candidats en version XXL. Les résultats de l’enquête sont édifiants : à compétences égales, un candidat obèse aurait deux fois moins de chances qu’un concurrent "standard" d’être convoqué à un entretien d’embauche. Pour un poste commercial, il serait même trois fois plus désavantagé !

De quoi vous faire reconsidérer le candidat aux yeux qui se disent merde. Et tant pis pour Léonardo.

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